Entre fin 2016 et jusqu’à l’effondrement de la VBS Mutual Bank en mars 2018, un système hawala colossal opérait apparemment via trois comptes VBS, recevant et versant rapidement environ 1,3 milliard de rands à un large éventail d’entreprises et de particuliers sud-africains.
Un hawala est un système de transfert d'argent qui consiste à payer un opérateur dans un pays qui demande ensuite à un homologue dans un autre pays de débloquer un montant équivalent au bénéficiaire prévu sans qu'aucun paiement transfrontalier formel n'ait lieu.
Le but est de contourner les banques et les autorités financières.
Les éléments de preuve suggèrent que ce système VBS, apparemment alimenté par les bénéfices du commerce illicite de l’or, prenait rapidement de l’ampleur lorsque l’effondrement de la banque l’a interrompu.
Le système hawala VBS avait apparemment deux objectifs :
D'une part, cela a aidé les Zimbabwéens, y compris, semble-t-il, certaines entreprises légitimes, à contourner complètement les contrôles de change extrêmes du pays.
D’un autre côté, le système semble servir de mécanisme de blanchiment d’argent et de flux financiers illicites via l’industrie aurifère locale, dans l’ombre.
Parmi les bénéficiaires, peu avant l'effondrement de la banque, figuraient des sociétés du groupe Moti, qui ont reçu des millions, apparemment dans le cadre d'une opération de transfert d'argent alambiquée qui fait l'objet de notre dernier exposé #MotiLeaks, également publié aujourd'hui.
LIRE | amaBhungane | #MotiFiles : Moti et les hommes d'argent
Parmi les autres bénéficiaires notables de l’argent provenant de ce système figurent différents membres des familles Macmillan et Rudland du Zimbabwe, toutes deux liées à des allégations de blanchiment d’argent, ainsi qu’un membre de haut rang de la famille Mugabe, entre autres.
Le stratagème de VBS aurait été mis en place par des membres de la famille du célèbre blanchisseur d'argent zimbabwéen Ewan Macmillan, dénoncé par Al Jazeera dans sa série documentaire "Gold Mafia" plus tôt cette année.
Par ailleurs, les preuves recueillies lors des enquêtes sur la faillite de VBS indiquent que des pots-de-vin totalisant plusieurs millions de rands auraient été versés aux patrons de la banque par ceux qui contrôlaient ce système.
La mise en place
L’essentiel de l’attention portée au VBS tournait autour des réseaux de clientél...
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